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MTVS – Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de Fer Secondaires

Heritage
M Maria C.

Now I have comprehensive research. Let me write the article.

MTVS – Le Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de Fer Secondaires : gardien vivant d'un patrimoine sur rails

Il faut imaginer le sifflement. Celui d'une locomotive à vapeur de 1898, crachotant sa fumée blanche dans l'air frais du Beauvaisis, tirant derrière elle un chapelet de voitures voyageurs en bois verni dont les banquettes ont porté, jadis, les fermiers, les écoliers et les facteurs des campagnes françaises. Ici, à Crèvecœur-le-Grand dans l'Oise, ce sifflement n'est pas un souvenir : c'est un rendez-vous dominical. Bienvenue au MTVS — Musée des Tramways à Vapeur et des Chemins de Fer Secondaires français — une association qui, depuis un demi-siècle, arrache à l'oubli les machines et les wagons des petits chemins de fer qui irriguaient autrefois chaque canton de France.

Deux épaves dans une forêt

L'histoire commence en 1976, dans une clairière quelque part dans la Sarthe. Des passionnés y découvrent deux carcasses de locomotives abandonnées — les n° 16 et n° 60 des anciens Tramways de la Sarthe — livrées aux ronces et à la rouille. Plutôt que de les laisser disparaître, ils les rachètent à un ferrailleur et fondent l'Association du Musée des Transports de la Vallée du Sausseron. Leur port d'attache : l'ancien dépôt du chemin de fer départemental de Valmondois à Marines, à Butry-sur-Oise dans le Val-d'Oise, à trente kilomètres au nord de Paris. Cette ligne à voie métrique, ouverte en 1886 jusqu'à Épiais-Rhus puis prolongée jusqu'à Marines en 1891, avait cessé tout trafic depuis des décennies. Les bénévoles débroussaillent, nettoient, posent du rail. Le musée naît dans la sueur et l'huile de graissage.

1976 Fondation de l'association à Butry-sur-Oise, récupération des locomotives sarthoises n° 16 et n° 60

1977 Ouverture au public le week-end ; construction d'une petite ligne de 60 cm jusqu'à l'église de Butry

1983 La locomotive Sarthe n° 60 et deux voitures d'Ille-et-Vilaine deviennent les premiers véhicules ferroviaires classés Monuments Historiques en France

1986 Inauguration du premier tronçon de voie métrique à Butry-sur-Oise

1999 L'association prend le nom de Musée des Tramways à Vapeur et des chemins de fer Secondaires français

2007 Un glissement de terrain détruit 500 mètres de voie à Butry, obligeant à envisager un nouveau site

2013 Début du transfert des collections vers Crèvecœur-le-Grand, sur l'ancienne ligne de Saint-Omer-en-Chaussée à Vers

2017 Ouverture du Train à Vapeur du Beauvaisis : premier tronçon de 1,6 km au départ de Crèvecœur-le-Grand

2019 La ligne atteint 4 km avec passage à niveau automatique et halte de Rotangy

2023 La voie atteint la halte de Régnonval, nichée dans les collines au-dessus du village

Un classement historique

L'année 1983 marque un tournant, non seulement pour le MTVS, mais pour le patrimoine ferroviaire français tout entier. La locomotive n° 60, baptisée La Ferté Bernard, construite en 1898 par les Ateliers du Nord de la France à Blanc-Misseron, ainsi que deux voitures voyageurs des tramways d'Ille-et-Vilaine, obtiennent le classement au titre des Monuments Historiques. Ce sont les tout premiers véhicules ferroviaires en France à recevoir cette distinction. L'acte fondateur d'une reconnaissance nationale : les petits trains de campagne, longtemps méprisés comme vestiges insignifiants, méritent la même protection que les cathédrales et les châteaux.

Portés par cette légitimité nouvelle, les bénévoles bâtissent à la fin des années 1980 un vaste bâtiment-musée à Butry pour abriter les pièces restaurées. La collection grossit année après année, fruit de sauvetages aux quatre coins de la France.

Un trésor roulant

Aujourd'hui, la collection du MTVS compte environ 120 véhicules, dont 37 sont classés ou inscrits aux Monuments Historiques — près d'un tiers de l'ensemble. Parmi eux : 11 locomotives à vapeur, 6 locotracteurs diesel, une automotrice électrique, 4 autorails, 25 voitures voyageurs, 3 fourgons et plus d'une trentaine de wagons marchandises. Chaque machine raconte un chapitre de l'histoire des chemins de fer secondaires français.

La Ferté Bernard (n° 60, 1898) roule toujours, fidèle à son service centenaire. La Corpet-Louvet n° 75, sortie des ateliers en 1909, est elle aussi en état de marche. Lulu (n° 36, Corpet-Louvet, 1925) attend sa restauration. Pierre Jansen (n° 4), construite en 1909 par SLM Winterthur en Suisse, est exposée. Vénus (n° 2, Corpet-Louvet, 1898) a vu sa restauration interrompue. Le Coucou (n° 1, John Cockerill, 1908) et St Denis d'Orques (n° 16, Blanc-Misseron, 1882 — l'une des deux épaves fondatrices) sommeillent en réserve. L'autorail De Dion-Bouton n° 11, ancien des Côtes-du-Nord, témoigne d'une époque où l'automobile et le rail se disputaient les routes de campagne.

Ce n'est pas une collection figée sous vitrine. Les bénévoles du MTVS restaurent, entretiennent, et surtout font rouler ces machines. Le musée a toujours eu pour vocation de transporter ses visiteurs dans des rames de la fin du XIXe siècle — de faire vivre le patrimoine plutôt que de l'embaumer.

De Butry au Beauvaisis : une renaissance

En 2007, un glissement de terrain à Butry-sur-Oise détruit 500 mètres de voie. Le coup est rude. Après une tentative avortée de relocalisation dans le Vexin en 2009, l'association trouve sa terre promise à Crèvecœur-le-Grand, dans l'Oise, sur l'emprise de l'ancienne ligne à voie normale de Saint-Omer-en-Chaussée à Vers, qui reliait jadis Beauvais à Amiens.

À partir de 2013, les bénévoles défrichent, déposent l'ancienne voie à écartement standard et reposent près de sept kilomètres de rail à voie métrique. En octobre 2015, un premier train circule sur 400 mètres — une démonstration de faisabilité. En mai 2017, le Train à Vapeur du Beauvaisis ouvre officiellement au public avec 1,6 km de ligne. En mai 2019, un passage à niveau automatique permet de franchir la route départementale D149 ; la ligne atteint quatre kilomètres avec une halte à Rotangy dotée d'un évitement permettant le retournement des locomotives. En décembre 2023, les rails atteignent la halte de Régnonval, perchée dans les collines. En février 2025, trois seules séances de chantier suffisent aux bénévoles pour relier Régnonval au passage à niveau de Blicourt.

L'ambition à terme : 11,9 kilomètres de ligne, de Crèvecœur-le-Grand à Saint-Omer-en-Chaussée, avec des haltes intermédiaires à Oudeuil et Rotangy — un véritable chemin de fer touristique traversant les vallons du Beauvaisis.

Pourquoi le MTVS compte

Les chemins de fer secondaires français représentent un pan méconnu de l'histoire nationale. À leur apogée, au début du XXe siècle, ces réseaux à voie métrique ou étroite desservaient les moindres bourgs, portant le courrier, les récoltes et les voyageurs là où le grand réseau ne daignait pas aller. Leur disparition progressive, amorcée dès l'entre-deux-guerres et achevée dans les années 1950-1960, a effacé du paysage des milliers de kilomètres de voies, des centaines de gares, des dizaines de types de machines. Le MTVS est l'un des rares lieux en France où cette mémoire survit — non pas dans des livres, mais en acier, en bois et en vapeur.

Avec 37 véhicules classés Monuments Historiques, la collection du MTVS constitue un ensemble patrimonial d'une richesse exceptionnelle. Elle couvre un siècle de construction ferroviaire secondaire, des premières machines Blanc-Misseron des années 1880 aux autorails De Dion-Bouton de l'entre-deux-guerres, en passant par les robustes Corpet-Louvet qui furent l'épine dorsale de dizaines de réseaux départementaux.

Un avenir sur les rails

Aujourd'hui présidé par Olivier Janneau, le MTVS poursuit sa double mission : conserver et faire vivre. Le musée de Butry-sur-Oise a fermé ses portes au public en 2022, mais le Train à Vapeur du Beauvaisis est désormais le cœur battant de l'association. Chaque dimanche de la saison, de mai à octobre, des rames centenaires parcourent les collines de l'Oise, tirées par des locomotives qui soufflaient déjà leur vapeur quand Clémenceau gouvernait la France. L'association accueille environ 5 000 visiteurs par an — familles, passionnés, curieux — et chaque billet vendu finance la restauration d'une machine de plus.

Cet article est né, en partie, d'anciennes photographies et d'enregistrements familiaux qui ont refait surface lorsque quelqu'un a confié ses souvenirs personnels à la numérisation. Cela nous a fait nous demander ce qui dort encore dans les greniers, les boîtes à chaussures et les vieux placards de France — des images, des films, des bobines liés au MTVS et à ces petits trains disparus. Si vous détenez de tels trésors, des services comme EachMoment peuvent vous aider à les préserver pour les générations futures.

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